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Test du TRMNL X : l’E Ink trouve sa place dans le salon

Test du TRMNL X : l’E Ink trouve sa place dans le salon

Cela fait des années que je cherche un bon écran d’informations. Je ne veux ni d’une tablette supplémentaire qui me distrait avec ses notifications, ni d’un téléviseur au mur. Je veux une surface calme qui me montre en passant ce qui compte : calendrier, météo, tâches, quelques indicateurs et, au bureau, peut-être l’état de mes principaux systèmes de sécurité.

Ma première tentative sérieuse associait un Raspberry Pi à un écran. Techniquement, cela fonctionnait. En pratique, les défauts habituels me gênaient : l’écran restait allumé, consommait de l’électricité et paraissait actif même quand personne ne le regardait. Au lieu d’un tableau d’information, j’avais un petit ordinateur de plus à entretenir.

C’est pourquoi l’E Ink m’a très tôt fasciné. L’affichage ressemble davantage à du papier imprimé qu’à un écran lumineux. Une image déjà dessinée reste visible sans alimentation permanente du panneau. L’énergie sert surtout à réveiller l’appareil, récupérer des données par Wi-Fi et actualiser l’image. C’est exactement ce qu’il faut pour des informations qui ne changent pas chaque seconde.

Le prix constituait jusqu’ici le problème. Les grands panneaux E Ink étaient extrêmement chers il y a quelques années et le restent largement. Les petits formats sont abordables, mais le tarif augmente nettement dès 13 pouces. À 25, 27 ou 32 pouces, on atteint vite quatre chiffres. En couleur ou en affichage professionnel, environ 2 500 dollars ne sont pas une exception absurde.

Puis TRMNL, prononcé Terminal, est arrivé.

TRMNL est le meilleur écran d’informations que j’ai possédé, mais ce n’est toujours pas celui que je souhaite vraiment.

Quatre mois annoncés, presque neuf mois d’attente

Je suivais TRMNL depuis longtemps avant de commander. Le délai annoncé était d’environ quatre mois. J’en ai finalement attendu presque neuf.

Malgré ce retard important, il n’y a pas eu des mois de silence. Le fondateur envoyait régulièrement des nouvelles par newsletter et vidéo. Il expliquait pourquoi l’expédition glissait, où se situaient les problèmes d’approvisionnement et quels éléments ne répondaient pas encore à ses exigences de qualité. Il ne se contentait pas de demander patience, il détaillait les obstacles et le travail restant. Cela n’a pas raccourci l’attente, mais j’ai trouvé cette transparence sympathique. Je ne savais pas toujours quand mon TRMNL arriverait, mais je savais pourquoi il n’était pas encore parti.

Peu de produits technologiques m’ont fait patienter aussi longtemps après l’achat. Mon Tesla Model Y fut également une épreuve, même si deux ou trois ans séparaient l’envie de la livraison. Pour un petit écran E Ink, chaque mois supplémentaire semble un peu plus absurde. On commande un appareil simple et l’on finit par douter qu’il arrive vraiment.

Quand le colis a enfin atteint mon domicile, ce fut presque une petite naissance. Cela paraît dramatique pour 10,3 pouces, mais après neuf mois, le déballage dépassait le démarrage habituel avec un nouveau gadget.

J’ai acheté l’appareil moi-même. Cet article n’est pas sponsorisé et ne contient aucun lien affilié. Mon expérience concerne le nouveau TRMNL X de 10,3 pouces. J’ai choisi la grande batterie, soit 12 000 mAh au lieu de 6 000. Le 28 août 2026, j’ai vérifié l’état du firmware ouvert, du framework, des plugins et de l’auto-hébergement dans la documentation et les dépôts publics du fabricant.

Ce qu’est réellement TRMNL

Le matériel reste volontairement discret. Le panneau E Paper de 10,3 pouces affiche 1 872 × 1 404 pixels, 227 ppp et 16 niveaux de gris, donc 4 bits par pixel. Aucun logo n’apparaît en façade, ce qui convient à un appareil censé ressembler à un cadre paisible plutôt qu’à un gadget publicitaire.

Le boîtier vissé s’ouvre et a été conçu pour les modifications. Le X mesure 233 × 193 × 12 millimètres. TRMNL annonce 365 grammes avec une batterie et 450 grammes avec les deux de ma configuration. Le fabricant vise IP65, mais la certification demeure en attente, tout comme FCC, CE et RoHS. Malgré la protection prévue contre la poussière et l’eau, je ne le traiterais pas encore comme un appareil certifié.

La recharge passe par USB-C ou par le socle magnétique. TRMNL propose un pied, un support mural et un aimant intégré. Le socle utilise des broches pogo pour l’alimentation et les accessoires et permet aussi une réinitialisation matérielle.

C’est une différence essentielle avec une tablette. TRMNL ne laisse pas un site ouvert et n’exécute pas vingt applications en arrière-plan. Le serveur prépare une image, l’appareil la télécharge, la dessine sur le panneau puis retourne en veille. L’intervalle d’actualisation influence donc fortement l’autonomie.

Pour une utilisation typique, le fabricant annonce trois à six mois. Le X accepte une ou deux batteries LiPo de 6 000 mAh détectées automatiquement. Ma configuration atteint ainsi 12 000 mAh. La durée réelle dépend du Wi-Fi, du contenu et de la fréquence. Le réglage d’usine est de 15 minutes, mais il est modifiable. L’essentiel n’est pas d’obtenir exactement trois, quatre ou six mois, mais d’éviter un câble permanent et une recharge quotidienne.

Il n’y a ni écran tactile classique, ni connexion permanente, ni interface d’applications sur le panneau. Le X possède une barre gestuelle et un accéléromètre Bosch qui détecte notamment l’orientation portrait ou paysage. La configuration se fait dans le tableau de bord web.

Cette réduction n’est pas une fonction manquante. Elle constitue le cœur du produit.

Ce qui se passe techniquement lors d’une actualisation

Le TRMNL X n’est ni un Linux miniature ni un navigateur dans un cadre. Son processeur principal est un ESP32-S3 avec 16 Mo de flash et 8 Mo de PSRAM. Le firmware public confirme cette configuration avec le profil esp32s3_n16r8. Cela suffit pour le Wi-Fi, TLS, le décodage PNG, le pilotage du panneau et les mises à jour. Une application web JavaScript complexe rendue localement n’aurait aucun sens ici.

Ce qu’est un contrôleur ESP32

Un ESP32 est un microcontrôleur. Une petite puce regroupe cœurs de calcul, mémoire, stockage flash et interfaces pour le Wi-Fi, les capteurs et d’autres composants. Elle exécute un firmware destiné à une tâche précise. Il n’y a ni système de bureau complet, ni navigateur normal, ni collection permanente de services. Une fois son travail accompli, la puce peut entrer dans une veille extrêmement économe.

Un Raspberry Pi est au contraire un ordinateur monocarte. Bien plus puissant, il démarre Linux, lance un navigateur, héberge des bases de données et rend du contenu localement. Cette souplesse était pratique sur mon ancien écran, mais elle apporte le poids d’un ordinateur : démarrage du système, processus et services réseau permanents, mises à jour et risque pour la carte SD ou le système de fichiers lors d’une coupure brutale.

TRMNL n’utiliserait presque jamais cette puissance. Le serveur gère le rendu, les plugins et la planification. L’ESP32 se réveille, rejoint le Wi-Fi, télécharge une image achevée, la transfère au panneau et retourne en deep sleep. La période active est courte et la consommation au repos minime. Voilà comment obtenir des mois d’autonomie plutôt qu’une alimentation permanente.

Le microcontrôleur démarre aussi presque instantanément et réduit maintenance, surface d’attaque et sources de panne. Le Raspberry Pi convient mieux si l’appareil doit rendre localement, exécuter des applications complexes ou héberger plusieurs services. Pour un client E Paper à tâche unique, l’ESP32 est plus adapté.

Un ESP32-C5 supplémentaire sert de modem Wi-Fi 5 GHz avec antenne externe. Le 2,4 GHz de l’ESP32-S3 reste disponible en secours. La fiche mentionne 802.11 b/g/n/ac et BLE. S’ajoutent capteur de température, accéléromètre, capteur gestuel et connecteur Qwiic pour extensions. Par USB OTG, le X peut fournir 5 V et jusqu’à 1,2 A aux accessoires du socle. Ces interfaces ne servent pas au tableau de bord normal, mais rendent capteurs, accessoires et modifications beaucoup plus intéressants.

TRMNL déplace ainsi le travail lourd sur le serveur. Un cycle complet se déroule approximativement comme suit :

  1. Un minuteur réveille le contrôleur du deep sleep.
  2. L’appareil rejoint un Wi-Fi connu et appelle l’endpoint d’affichage du serveur configuré.
  3. La requête contient l’identifiant ou l’adresse MAC, une clé d’accès et des données comme la version du firmware, la tension de batterie et le signal Wi-Fi.
  4. Selon la playlist, le calendrier et les conditions, le serveur choisit le prochain contenu.
  5. Les données des calendriers, API, webhooks ou plugins sont intégrées avec Liquid et TRMNL Framework dans une mise en page adaptée. Le serveur produit un PNG à la résolution et à la profondeur du modèle.
  6. L’écran télécharge l’image, l’écrit avec le profil de panneau et de température approprié puis se rendort.

La réponse du serveur est petite. Elle ne contient ni calendrier complet ni HTML à exécuter localement. Sous forme simplifiée :

{
  "status": 0,
  "image_url": "https://server.example/screens/next.png",
  "filename": "calendar-2026-08-26T08-30-00Z",
  "refresh_rate": 1800,
  "update_firmware": false,
  "reset_firmware": false
}

Ici, refresh_rate: 1800 programme la prochaine requête après 1 800 secondes, soit 30 minutes. update_firmware et une URL supplémentaire peuvent déclencher une mise à jour OTA. Un serveur personnel doit essentiellement reproduire quelques endpoints stables, surtout setup, display et logs.

Dans le cloud TRMNL, chaque appareil possède une clé API envoyée comme access-token. Un appel à /api/display avance la playlist côté serveur. Deux appareils ne doivent donc pas partager la même clé par erreur, sinon ils récupéreront les entrées à tour de rôle. Un endpoint distinct sert à dupliquer l’écran actuel. Identité, état de playlist et clé sont étroitement liés.

Cette séparation garde le client compact, économe et relativement facile à porter. Le rendu reste identique sur des appareils équivalents puisque le résultat est déjà une image. La complexité se trouve sur le serveur, où il faut exécuter les plugins, interroger les sources, rendre les images, planifier et gérer les appareils.

Pourquoi la batterie dure des mois plutôt que des heures

L’E Paper est bistable. Pour simplifier, les pigments noirs et blancs restent en place après l’application du champ électrique. Le panneau ne consomme pas en permanence pour conserver une image. La changer coûte de l’énergie, et le Wi-Fi davantage encore.

Sans deep sleep strict, l’autonomie s’effondrerait malgré la grande batterie. L’optimisation combine donc le panneau avec une fenêtre active minimale : démarrer, connecter le Wi-Fi, établir TLS, télécharger, actualiser et dormir.

Une puce Texas Instruments suit l’état de charge, l’état de santé et la capacité, au lieu de mesurer seulement la tension. Avec deux packs de 6 000 mAh détectés automatiquement, c’est plus fiable qu’un pourcentage estimé par la tension.

Les petits réglages ont de grands effets. Une actualisation toutes les cinq minutes réveille la radio six fois plus souvent qu’une actualisation toutes les 30 minutes. Un mauvais signal prolonge la connexion. Les images volumineuses ou fortement tramées demandent davantage de données et de décodage. Les calendriers et écrans d’état aux grandes zones uniformes sont presque idéaux.

La spécification annonce environ 200 millisecondes à 1,3 seconde selon le type d’actualisation. Le changement complet conserve le clignotement caractéristique, mais reste bref. Les mises à jour partielles modifient plus rapidement certaines zones.

Une configuration agréablement ennuyeuse

Au premier démarrage, TRMNL crée un réseau Wi-Fi de configuration. On s’y connecte, saisit les identifiants Wi-Fi et associe l’appareil au compte. Ensuite, on compose une playlist dans le navigateur.

Le principe ressemble à un service musical, sauf que des pages d’information remplacent les chansons. Le calendrier peut apparaître davantage le matin, les tâches pendant le travail et une photo le soir. Le contenu se programme, et jusqu’à quatre sources peuvent partager une page sous forme de mashup.

C’est ainsi qu’un petit panneau devient un produit utile. Sans tableau de bord ni plugins, le matériel ne serait qu’un joli cadre à batterie. Ces services décident s’il finit dans un tiroir après deux semaines ou sert chaque jour.

J’utilise surtout le calendrier. Les rendez-vous n’exigent pas une actualisation à la seconde. Je vois la suite en passant, sans déverrouiller mon téléphone ni chercher un onglet. Météo, tâches, photos, statistiques et autres informations suivent le même principe.

Un bon écran TRMNL répond à une question en quelques secondes. Si je dois m’arrêter, faire défiler ou étudier une légende, j’y ai mis trop d’informations.

L’écosystème de plugins est la vraie force

Lorsque j’ai commandé, environ 450 plugins et intégrations étaient proposés. De nouveaux sont apparus pendant l’attente. Il y en a désormais largement plus de 1 000, et la fiche actuelle du X mentionne au moins 1 231 intégrations prêtes à l’emploi : calendriers, météo, tâches, photos, finances, YouTube Analytics, maison connectée et projets communautaires.

Cette évolution compte presque plus que le nombre. Pendant neuf mois, j’ai vu arriver recettes, intégrations et idées avant même de recevoir l’appareil. TRMNL n’est pas seulement un fabricant maintenant quelques fonctions imposées. Une communauté très active étend continuellement le système et révèle la variété d’usage d’un écran calme.

Vue des plugins du tableau de bord TRMNL avec calendrier, météo, RSS, bourse et maison connectée

Consultez vous-même le répertoire des intégrations TRMNL pour voir ce qui vous convient.

Tous les plugins ne servent pas à tout le monde et la quantité ne garantit pas la qualité. La diversité transforme néanmoins le produit. Je peux partir d’extensions existantes, combiner plusieurs vues et ne développer que mes besoins particuliers.

Un Private Plugin récupère régulièrement des données depuis une URL HTTPS, généralement en JSON. La mise en page utilise HTML, CSS et des variables Liquid. L’éditeur offre un aperçu en direct ainsi que du CSS et JavaScript personnalisés. TRMNL rend ensuite l’image affichée.

Ce que TRMNL Framework prend en charge au rendu

Le TRMNL Framework est plus qu’une collection de classes CSS. Il définit écran, vue, mise en page, barre de titre, colonnes et mashups, avec tableaux, graphiques, progression, images et typographie. Un affichage E Paper ne peut ni défiler ni réagir après le rendu. Le texte débordant doit donc être tronqué, réduit ou limité avant la création de l’image.

Framework 3.1 fut important pour le X. Il a introduit une architecture de couleurs par variables CSS, davantage de gris, des modes haute résolution et des utilitaires adaptatifs. Un plugin réagit à la taille, à l’orientation et à la profondeur. lg: désigne la classe de l’appareil et 4bit: les 16 gris du X.

Le X monochrome n’affiche pas soudain de la couleur. Les rôles sémantiques, succès, avertissement ou erreur, sont traduits dans la palette disponible. Les plugins existants fonctionnent toujours, tandis que typographies, container queries, colonnes et règles portrait exploitent mieux la surface.

Avant la capture, le Framework Runtime Pass en JavaScript mesure l’écran, gère les débordements, raccourcit les textes, ajuste les valeurs et aligne les polices. Le JavaScript du plugin s’exécute dans l’environnement de rendu avant la génération du PNG, pas comme application web sur l’ESP32. Cette séparation permet des mises en page souples sans navigateur sur le client.

La documentation 3.1 liée n’est plus la dernière. À la date de cette vérification, TRMNL propose Framework 3.3, avec thèmes, interface JavaScript TRMNLPaint et graphiques, cartes et icônes adaptés. L’idée reste de décrire une fois l’information, puis de l’adapter aux capacités de l’appareil.

L’espace développeurs TRMNL dépasse les plugins. Outre REST, une API partenaires gère les appareils préconfigurés, le provisionnement automatique et les flottes. Un fournisseur peut livrer son application avec plugin associé et installation préparée. C’est secondaire pour mon calendrier, mais pertinent pour des écrans d’entreprise à grande échelle.

Une API volontairement réduite pour un tableau de sécurité pourrait renvoyer uniquement ceci :

{
  "checked_at": "2026-08-26 08:30",
  "critical_incidents": 0,
  "open_incidents": 2,
  "vpn_status": "ok",
  "backup_age_hours": 9
}

Liquid insère ensuite les champs dans le balisage :

<div class="layout">
  <div class="columns">
    <div class="column">
      <span class="title">Security Status</span>
      <span class="value">{{ critical_incidents }}</span>
      <span class="label">kritische Vorfälle</span>
    </div>
    <div class="column">
      <span class="title">VPN</span>
      <span class="value">{{ vpn_status }}</span>
      <span class="label">Backup vor {{ backup_age_hours }} Stunden</span>
    </div>
  </div>
</div>

L’exemple est volontairement simple. Nul besoin d’une pile frontend complète, d’une application native ou d’un processus permanent sur l’écran. Une API ou un petit script produisant un JSON propre suffit rapidement.

Le mot plugin recouvre plusieurs modèles. Les Native Plugins sont entretenus par TRMNL. Un Private Plugin appartient à un compte et reçoit des données par polling, webhook ou autres instances. Une Recipe publiée est essentiellement un Private Plugin vérifié, installable ou duplicable. Une installation reçoit les améliorations ultérieures, tandis qu’un fork librement modifiable ne se synchronise plus. Le Screenshot Plugin rend périodiquement un site. Un Third-Party Plugin associe application externe et OAuth2 simplifié, le fournisseur assumant exploitation, authentification et données personnelles.

Pour mon tableau de sécurité, je commencerais par un Private Plugin. Le serveur peut récupérer JSON, RSS, XML, CSV ou texte, avec des en-têtes HTTP si nécessaire. Un processus interne peut aussi pousser des valeurs agrégées par webhook. C’est souvent plus propre que d’accorder à un poller externe l’accès direct au monitoring interne.

Le sens du flux compte. Si le cloud TRMNL interroge, l’endpoint doit être public ou passer par un intermédiaire maîtrisé, et les clés se trouvent sur la plateforme. Avec un webhook, mon système envoie les données. Avec BYOS, tout peut rester dans mon réseau. Un même affichage peut donc cacher des architectures de sécurité très différentes.

Le défi réside moins dans le code que dans la sélection. Les 1 872 × 1 404 pixels offrent davantage d’espace que l’OG, mais la surface reste de 10,3 pouces. Chaque métrique réduit la lisibilité à distance. Je ne reproduirais pas un SIEM dans un cadre. Mieux valent quelques états immédiatement compris : incident critique, état du backup et du VPN, heure de dernière vérification.

Un tableau de sécurité n’est pas un système d’alerte

TRMNL convient pour garder certaines informations visibles au bureau, mais il les récupère par intervalles et ne possède pas de connexion push permanente. C’est un aperçu, pas un canal d’alerte fiable.

Un incident critique exige toujours push, e-mail, pager ou autre canal surveillé. L’écran peut montrer l’état général et aider à remarquer une anomalie, mais je ne dois pas compter sur une actualisation assez rapide ni sur mon regard au bon moment.

Je réduirais aussi strictement les données. Aucun nom d’utilisateur, IP interne, donnée client, ticket confidentiel ou clé API sur un écran visible. Il ne doit recevoir que des valeurs agrégées. Le backend peut lire des sources sensibles, mais l’endpoint TRMNL doit produire un minimum spécifique à l’affichage.

L’appareil initie la connexion et tire son prochain écran du serveur, sans devoir être accessible depuis Internet. Cela réduit la surface entrante sans supprimer tous les risques. Utiliser le cloud revient à lui confier les sources et le rendu. Ceux qui veulent davantage de contrôle peuvent exploiter leur serveur.

Dans quelle mesure TRMNL est-il vraiment open source ?

Le matériel est vite qualifié d’open source alors qu’un vieux fork ou un dépôt mal documenté est parfois tout ce qui existe. Pour TRMNL, il faut distinguer les couches.

Le firmware est disponible sous GPL-3.0. Il couvre Wi-Fi, communication serveur, OTA, PNG, panneau, profils de température, niveaux de gris et deep sleep. On peut l’étudier, le modifier, le compiler et le flasher sur du matériel ESP32 compatible. Des cibles existent pour OG et X. Le main évolue et peut casser la compatibilité, mieux vaut donc une release marquée ou le Flash Assistant officiel en production.

Le TRMNL Framework est lui aussi public, sous MIT. Il comprend Sass, design tokens, motifs de tramage, runtime JavaScript, documentation et outils de publication. MIT couvre le code du framework, mais certaines polices, images et Highcharts ont leurs propres conditions.

L’organisation TRMNL sur GitHub comptait 53 dépôts publics lors de ma vérification : serveurs BYOS, extensions Liquid, serveur local de développement, traductions, modèles OAuth, bibliothèques API, clients Kindle, Kobo, Android et Raspberry Pi, ainsi que des supports imprimables. Tout ne vient pas uniquement de l’équipe centrale, mais l’écosystème dépasse largement un dépôt de façade.

Plusieurs implémentations ouvertes prennent en charge Bring Your Own Server. Terminus, projet officiel principal sous MIT, est activement maintenu mais reste en bêta avant 1.0. Il existe aussi PHP/Laravel, Node.js, Next.js, TypeScript, Python avec FastAPI ou Django et Elixir/Phoenix. Certaines solutions sont actives, d’autres non. Un dépôt ne garantit donc ni fonctions, ni pérennité, ni compatibilité parfaite.

Tout n’est pas ouvert. L’application web Core hébergée par TRMNL reste commerciale et n’est pas entièrement publiée. Un firmware ouvert ne rend pas non plus automatiquement le boîtier, la fabrication, le contrôle qualité et le produit entièrement ouverts.

La Unbrickable Pledge exprime l’intention de publier Core si l’entreprise devient insolvable. C’est une promesse bienvenue, archivée par la Wayback Machine, mais pas un séquestre de code déclenché automatiquement par contrat. J’y vois une intention crédible, pas une assurance juridique.

La protection pratique existe déjà : firmware ouvert et serveurs BYOS fonctionnels permettent de rendre l’écran indépendant sans attendre Core.

Quatre modes de fonctionnement à distinguer

MatérielServeurTerme TRMNLCoût versé à TRMNLUtilisateur type
Appareil TRMNLTRMNL CloudStandardPrix de l’appareilInstallation simple sans serveur personnel
Matériel personnelTRMNL CloudBYODLicence BYODÉcran personnel avec plugins et tableau de bord TRMNL
Appareil TRMNLServeur personnelBYOSAucun supplémentMatériel original avec données locales
Matériel personnelServeur personnelBYOD/SAucune licenceContrôle maximal du matériel, firmware et données

La voie standard consiste à acheter l’OG ou le X et à utiliser la plateforme sans abonnement annuel obligatoire. TRMNL gère rendu, plugins, playlists, OAuth et mises à jour.

Avec BYOD, Bring Your Own Device, seul le matériel vient d’ailleurs. Le firmware ouvert ou un client compatible continue d’appeler le cloud. La licence BYOD nécessaire inclut les fonctions développeur.

Avec BYOS, Bring Your Own Server, le matériel TRMNL pointe vers un serveur du LAN ou du cloud personnel sans licence supplémentaire. Ce choix contourne toutefois les plugins hébergés : les intégrations natives ne migrent pas automatiquement. L’implémentation doit prendre en charge ou reproduire sources, playlists et rendu. C’est pour moi le meilleur compromis entre matériel fini et maîtrise des données et de la durée de fonctionnement.

BYOD/S combine écran et serveur personnels. Toute la chaîne peut fonctionner sans paiement ni dépendance opérationnelle envers TRMNL. Gratuit ne signifie pas sans effort : firmware, serveur, base, sauvegardes, mises à jour et compatibilité restent à maintenir.

Le coût réel de TRMNL et des alternatives

Au 28 août 2026, le TRMNL OG coûte 139 dollars et le TRMNL X 229 dollars. La grande batterie ajoute 10 dollars et double sur le X la capacité de 6 000 à 12 000 mAh. L’accès développeur optionnel coûte normalement 20 dollars une fois et ouvre les plugins personnalisés et l’API.

Une licence BYOD coûte 50 dollars en paiement unique permanent pour un appareil. Plusieurs appareils exigent plusieurs licences, mais se gèrent dans un compte. BYOS n’en nécessite aucune.

Le kit DIY TRMNL de 7,5 pouces, développé avec Seeed Studio, coûte 47,99 dollars. Il contient un panneau 800 × 480, un XIAO ESP32-S3 Plus, une batterie de 2 000 mAh et le câble, mais pas de boîtier. Avec BYOD, le total atteint 97,99 dollars avant expédition, taxes et boîtier. Avec son serveur, seul le matériel se paie, le reste se paie en temps.

VariantePrix d’entrée approximatifÉléments manquants ou supplémentaires
TRMNL OG139 dollarsAccès développeur et grande batterie en option
TRMNL X229 dollarsAccès optionnel, 6 000 ou 12 000 mAh
Kit Seeed avec TRMNL Cloud97,99 dollarsBoîtier, montage, expédition et taxes
Kit Seeed avec BYOS47,99 dollarsBoîtier, serveur et exploitation personnels
Kindle, Kobo ou écran Android existant0 à 50 dollarsJailbreak ou client, éventuellement BYOD
Serveur personnelLogiciel dès 0 dollarCalcul, stockage, sauvegardes, mises à jour et travail

Le modèle économique devient lisible. TRMNL gagne sur le matériel fini, les fonctions développeur et l’usage de sa plateforme par des appareils tiers. Ceux qui refusent l’infrastructure hébergée peuvent la contourner complètement. C’est plus équitable qu’un firmware ouvert servant de marketing alors que tout usage utile dépend d’un abonnement.

BYOD est plus qu’une copie bon marché

La voie DIY évidente associe ESP32 et panneau compatible. Le kit Seeed évite de choisir contrôleur, carte, batterie et câbles, mais il faut encore assembler, flasher, configurer le Wi-Fi et fabriquer un boîtier. L’économie par rapport à l’OG est moindre que le prix du kit ne le suggère. Pour les passionnés, la vraie valeur réside dans la compréhension et la modification de toute la chaîne.

TRMNL peut réutiliser Raspberry Pi, Kindle, Kobo, tablettes Android et autres écrans. Même un Meta Portal abandonné peut devenir client. C’est intéressant écologiquement, car du matériel fonctionnel ne devient pas un déchet lorsque son service d’origine s’arrête.

L’expérience n’est pas automatiquement identique. Un Raspberry Pi consomme davantage et tourne généralement en permanence. Une tablette LCD continue de briller. Un Kindle peut être excellent, mais exiger un jailbreak. Un panneau ESP32 pris en charge est le plus proche du concept.

Firmware et serveur doivent connaître résolution, rotation, profondeur et palette. L’OG utilise 800 × 480 avec quatre gris, le X 1 872 × 1 404 avec 16. Un Spectra 6 de 7,3 pouces exige un autre pilote et une autre logique qu’un panneau monochrome de 7,5 pouces. BYOD ne signifie pas que toute surface fonctionnera parfaitement après un flash.

Cette ouverture me plaît malgré tout. Le fabricant aide activement à connecter du matériel moins cher ou existant, quitte à cannibaliser ses ventes, et augmente ainsi la valeur durable de l’écosystème.

Ce que signifie l’auto-hébergement en pratique

BYOS peut sembler être un conteneur Docker et cinq minutes. Terminus utilise pourtant Ruby et Hanami, PostgreSQL, Sidekiq, Valkey, Puma, ImageMagick et ses propres chaînes de rendu et de tâches. Docker, Raspberry Pi et Kubernetes sont pris en charge. Le projet reste en bêta avant 1.0.

Ce n’est pas une raison de l’éviter, mais de ne pas confondre auto-hébergement et absence de maintenance. Firmware et serveur partagent un protocole. Si setup, display ou logs changent, les deux côtés doivent rester compatibles. Base de données, fichiers, utilisateurs, tâches et sauvegardes deviennent votre responsabilité.

Une implémentation communautaire légère peut suffire à une playlist fixe et quelques écrans. Pour plusieurs appareils, utilisateurs, capteurs, plugins, aperçus et mises à jour automatiques, Terminus sera plus utile.

Pour mon tableau de sécurité, BYOS permettrait d’interroger des API internes, rendre une vue volontairement épurée et la livrer sans exposer d’endpoint ni stocker d’identifiants sensibles dans un plugin externe. En échange, je devrais corriger, surveiller et sécuriser ce serveur.

Pourquoi l’écosystème peut être viable économiquement

Les développeurs peuvent publier recettes et plugins tiers. Depuis novembre 2025, un Creator Fund rémunère les contributions, y compris traductions, firmware, supports et autres composants.

Ce n’est pas de la charité, mais un cycle cohérent. Plus de bons plugins rendent la plateforme attractive. Davantage d’utilisateurs achètent matériel, Developer Edition ou BYOD, et une part revient à ceux qui créent cette valeur.

Voilà pourquoi ce modèle m’intéresse davantage qu’un abonnement matériel. TRMNL facture là où existent coûts et valeur ajoutée tout en laissant une sortie technique complète. L’entreprise gagne parce que les utilisateurs veulent rester, pas parce qu’ils ne peuvent pas partir.

Actualisations rapides et place pour les modifications matérielles

Lors d’une actualisation complète, l’E Paper clignote brièvement. C’est normal et peu gênant toutes les quelques minutes. Sur le X, la durée documentée va d’environ 200 ms à 1,3 s.

Les 16 gris améliorent calendriers, ombres, graphiques et photos monochromes. Une actualisation partielle convient aux petites modifications, une complète nettoie le panneau. Le choix dépend de la vitesse, de la zone modifiée et de la tolérance aux images fantômes.

La mécanique est également ouverte : boîtier vissé, Qwiic pour extensions et USB OTG pour alimenter les accessoires via le socle magnétique à broches pogo. Le firmware ouvert évite que ces ajouts dépendent entièrement de la feuille de route du fabricant.

Pourquoi même 10,3 pouces ne me suffisent pas

Le X est beaucoup plus grand et net que l’OG. Il fonctionne très bien sur un bureau ou de près. Dans une cuisine, où je veux lire le calendrier familial à plusieurs mètres, il reste une étape intermédiaire. Les mashups impressionnent de près, mais deviennent vite trop fins à distance.

Je souhaite environ 13 pouces dans la cuisine, assez pour une semaine, la météo, des tâches et une note sans compromis permanent. Au salon ou au bureau, je pense à 27 à 32 pouces pour photos, art, informations familiales ou sécurité.

Le X progresse dans cette direction. Son format 4:3 convient aux calendriers et photos, sa résolution produit des caractères fins et sa façade sans logo reste neutre. Avec 12 000 mAh, la plus grande surface ne nécessite pas immédiatement un câble permanent.

Pour un bureau ou un petit mur, le X est mon choix raisonnable. Pour ma cuisine, il reste plus petit que souhaité. Il ne résout pas la taille, il repousse seulement la limite.

L’économie des grandes surfaces E Ink est brutale. Un panneau monochrome de 13,3 pouces coûte actuellement 449 dollars dans la boutique officielle E Ink, sans contrôleur ni produit fini. Un moniteur DASUNG de 25,3 pouces coûte environ 1 548 à 1 649 dollars. La couleur peut être encore plus chère. Cela explique les prix sans les rendre agréables.

La couleur ajoute un compromis. Les gris suffisent étonnamment aux calendriers, textes et états, mais j’en veux davantage pour les photos. L’E Paper couleur fascine, paraît souvent moins vif que LCD ou OLED et renchérit le produit. Mon TRMNL couleur idéal de 32 pouces existe peut-être en pièces détachées, pas encore comme produit grand public normal.

Les limites font partie du concept

TRMNL ne remplace pas une tablette. Animation, vidéo, défilement rapide et interaction directe ne sont pas ses tâches. Pour des cours actualisés chaque minute ou un écran tactile, un affichage classique convient mieux.

Les photos sont aussi un choix esthétique. Avec 16 gris et une haute résolution, elles peuvent ressembler à de belles illustrations de journal, mais dégradés, peaux et scènes sombres ne sont pas reproduits fidèlement.

L’autonomie n’est pas une loi naturelle. Intervalles courts, Wi-Fi faible et images complexes réveillent plus souvent radio et contrôleur. C’est le compromis normal entre actualité et calme.

Ce qui me gêne le plus reste la taille, presque un compliment pour le reste. Je ne peste ni contre un logiciel inutilisable, ni contre une configuration compliquée, ni contre un système fermé. Je veux simplement plus de surface parce que je sais déjà quoi y afficher.

Ma conclusion après cette longue attente

L’attente en valait-elle la peine ? Oui, même si presque neuf mois sont très longs pour un produit annoncé avec quatre mois de délai.

TRMNL résout élégamment mon ancien problème Raspberry Pi. Il ne brille pas en permanence, n’exige pas de câble continu et réclame peu d’attention. Le calendrier est simplement là. Les autres informations suivent leur horaire. Si j’en veux davantage, je combine des plugins ou en construis un sans effort démesuré.

L’écosystème compte encore plus. Firmware ouvert, BYOD documenté, plusieurs projets d’auto-hébergement, modèle de plugins simple et communauté active ne sont pas acquis chez un petit fabricant. Ils réduisent le risque que l’appareil devienne un déchet parce qu’un cloud disparaît ou que la stratégie change.

Je ne le recommanderais pourtant pas aveuglément. Avec 10,3 pouces, le X reste surtout personnel et adapté aux courtes ou moyennes distances. Pour une cuisine, un salon ou un bureau, il faut considérer sérieusement la distance de lecture. Même le X est trop petit pour mon idée, et demander 13 ou 25 pouces ou de la couleur conduit vite hors d’une gamme agréable.

TRMNL n’est donc pas mon but final, mais l’étape intermédiaire la plus convaincante. Il montre comment un écran calme, économe et ouvert devrait fonctionner. L’industrie doit maintenant rendre la même idée abordable en 13, 27 ou 32 pouces.

Quand cela arrivera, je sais déjà où accrocher les appareils.

À la prochaine,
Joe

FAQ

Qu'est-ce que TRMNL ?
TRMNL est un écran d’informations E Paper sur batterie. À intervalles définis, il récupère une image préparée, l’affiche puis retourne en veille économe. Le contenu est organisé au moyen d’un tableau de bord web et de plugins.
Quelle est l'autonomie du TRMNL ?
Pour un usage typique du X, le fabricant annonce trois à six mois. Il existe avec 6 000 ou 12 000 mAh, et mon exemplaire possède la grande batterie. La durée dépend surtout de la fréquence, du Wi-Fi et du contenu.
Puis-je développer mes propres plugins TRMNL ?
Oui. Les Private Plugins reçoivent des données par API ou webhook et créent une mise en page E Paper avec HTML, CSS, JavaScript et Liquid. L’éditeur offre un aperçu et le framework adapte taille, orientation et profondeur. La plateforme hébergée exige un achat développeur unique, tandis qu’un serveur personnel offre d’autres possibilités.
Puis-je auto-héberger entièrement TRMNL ?
Oui. Le firmware est sous GPL-3.0 et plusieurs implémentations BYOS ouvertes existent. Terminus est le projet officiel principal, mais reste en bêta et nécessite plusieurs services. Les plugins du cloud ne sont pas repris automatiquement et une solution communautaire plus légère peut mieux convenir.
TRMNL est-il entièrement open source ?
Non. Firmware, framework et plusieurs serveurs sont ouverts. Le code du framework est sous MIT, mais certaines polices, images et dépendances ont leurs conditions. Core reste commercial. La Unbrickable Pledge promet sa publication en cas d’insolvabilité, sans constituer un séquestre automatique du code.
Combien coûtent TRMNL, Developer Edition et BYOD ?
Au 28 août 2026, l’OG coûte 139 dollars et le X 229 dollars. Developer Edition coûte normalement 20 dollars une fois. Une licence BYOD permanente pour un appareil relié au cloud coûte 50 dollars. BYOS n’en exige aucune.
Puis-je utiliser gratuitement TRMNL sur mon propre matériel ?
Oui. Matériel compatible, firmware ouvert et serveur BYOS personnel peuvent être combinés sans licence. Pour utiliser avec son matériel le tableau de bord, le rendu et les plugins du cloud, il faut une licence BYOD.
TRMNL convient-il comme tableau de sécurité ?
Oui pour une vue synthétique, non pour les alertes critiques. L’écran s’actualise par intervalles et ne devrait afficher que des informations minimales et non confidentielles. Les incidents critiques exigent toujours push, pager ou e-mail.
Quel modèle TRMNL a été testé ?
J’ai testé le nouveau TRMNL X avec panneau 10,3 pouces, 1 872 × 1 404 pixels, 16 gris, gestes et Wi-Fi 2,4 et 5 GHz. Mon exemplaire totalise 12 000 mAh. Même le X reste compact pour de grandes pièces.
Sources